Je ne compte même plus le nombre de fois où j’ai mis les pieds dans un magasin de jouets et où le vendeur m’a demandé : « le jouet que vous cherchez c’est pour un garçon ou pour une fille? » afin de m’orienter …

Je n’incrimine pas le vendeur, il ne fait que son métier …

D’ailleurs on n’a qu’à regarder les rayons tout simplement pour comprendre que les jouets véhiculent des clichés sexistes : d’un côté vous trouverez des déguisements de super-héros, des voitures, des camions, et à l’autre bout du magasin vous tomberez sur un rayon tout rose avec des perles, des paillettes, des poupées etc…


 

Avant même de mettre les pieds dans un magasin, tout commence déjà par la publicité et le catalogue de jouets.

Les petites filles sont habillées en rose ou en violet tandis que les garçons sont dotés de vêtements aux tons plus neutres comme le bleu, le noir ou le gris.

On a nettement l’impression qu’ils appartiennent à deux mondes totalement différents et séparés.

On peut même difficilement imaginer que ces deux mondes puissent même un jour se rejoindre…


Les petits garçons évoluent dans un monde où se mêlent super pouvoirs, combats, et où la valeur souvent mise en avant est le « dépassement de soi » (attention ceci n’est pas une mauvaise chose c’est même plutôt bien).

Par contre, les petites filles évoluent dans des histoires que l’on peut retrouver au quotidien.

Je pense notamment aux dînettes, aux poussettes…

On leur apprend déjà à devenir de bonnes épouses ou de bonnes mères.

On les conditionne dès le plus jeune âge dans des tâches quotidiennes (comme faire la popote) et le maternage.

 



Les jouets ont un rôle prédominant chez l’enfant et dans la construction de son identité.

Les garçons ne s’épanouissent pas forcément dans un monde où la compétition et les performances ont autant d’importance, et il en est de même pour les filles qui de transforment en « petites maman » qui préparent la cuisine et changent les couches du « bébé »…

Ces clichés outranciers, nous les devons au techniques de marketing des années 90, caractérisées par la schématisation et la segmentation des produits.

Il faut que ces derniers puissent être identifiables par le plus de personnes possibles.

La segmentation « filles-garçons » a augmenté les bénéfices des entreprises car les jouets sont « moins recyclables » au sein d’une famille.

Une petite fille ne jouera jamais avec le GI-Joe de son frère et ce dernier ne récupérera pas la jolie poupée Barbie de sa sœurette…

Je ne jetterai pas la faute essentiellement sur l’industrie car je pense que l’éducation a également un rôle important ici.

Bien sûr l’industrie du jouet a sa part de responsabilité, mais ce sont les parents qui détiennent le pouvoir d’achat et libre à eux de choisir les jouets en fonction de l’éducation qu’ils veulent offrir à leurs enfants.





En ce qui me concerne, j’ai toujours été attirée dès le plus jeune âge par des centres d’intérêts qui m’ont valu une réputation de « garçon manqué ».

Pendant que les copines regardaient « Princesse Sara » et « Candy’, j’étais plutôt branchée « Dragon Ball Z »…

Dans la cour de récré, elles tressaient des scoubidous pendant j’essayais de taper l’incruste avec les mecs pour « jouer à la bagarre » et envoyer des « Kameha ».

Ce n’est pas évident de trouver sa place quand on refuse de rentrer dans un moule où on nous prédestinait.


Mes passions sont les mangas, les jeux vidéos, la culture japonaise… et je pense que ça ne m’empêche pas d’être féminine.

Je me maquille, je porte des robes, des jupes, des talons…


Aujourd’hui encore j’entends des choses qui m’exaspèrent.

Un ami aime « Sailor Moon » on va lui dire que c’est « un truc de gonzesse »…

Quand je rentre dans un Micromania et qu’on me dit : « eh beh Monsieur est bien gâté ! », alors que l’édition collector du dernier FF je l’achète pour moi …

Le sexisme dans le monde ludique ne date donc pas d’hier et n’est que l’héritage des clichés qui perdurent déjà depuis plusieurs générations…

 

Sources : AlexGeekette.blogspot.fr

PinkWard